Qui sommes nous?

L'association qui regroupe plusieurs clubs de pêche à la mouche de haute Garonne mais aussi des adhérents individuels, a pour objectif d’organiser et de coordonner toutes actions jugées nécessaires pour faire progresser efficacement et positivement la pêche au sens le plus large et préserver les ressources halieutiques.
Il s’agira donc au minimum de :

Réfléchir, Proposer, Informer et Agir sur tous les sujets qui concernent la pêche :

Porter à la connaissance du plus grand nombre notre vision et notre conception de la pratique de la pêche et de la protection de milieux aquatiques (éthique et concept d’une pêche raisonnée, réglementation adéquate, etc).

Devenir une force de proposition crédible vis-à-vis des organismes de tutelle de la pêche ou en interaction avec le monde halieutique (ex : Fédération Départementale, AAPPMA, DRIRE, Agence de Bassin,en tous lieux, et auprès de toutes les institutions, y compris en justice. L'association s'attaquera en priorité à la protection et à la défense des milieux vivants, de la faune et de la flore, et du lit des principaux cours d'eau de Haute Garonne et de leurs affluents et d'une manière générale appartenant au système fluvial décrit au premier paragraphe.

lundi 5 septembre 2016

Lettre ouverte à Mme Ségolène Royal



Objet : STOP AU SACRIFICE DES MILIEUX AQUATIQUES !


                                                                                                              Le 1er septembre 2016
       

                                       - A l’attention de Madame Ségolène ROYAL, ministre de l’Environnement, de l’Energie et de la Mer,
92055 Paris La Défense Cedex.
                                                      


Madame la ministre,
Nous avons l’honneur de vous informer de notre profonde indignation et révolte quant à votre projet en cours concernant le développement de la petite hydroélectricité ou la construction de nouveaux barrages en France, un véritable paradoxe avec la continuité écologique !
Contrairement à l’image que l’on veut bien donner au public, l’hydroélectricité, cette énergie renouvelable n’est pas «  propre » car elle entraîne trop souvent de graves nuisances irréversibles sur les milieux aquatiques.

La construction de barrages

Les nouvelles normes imposées par la continuité écologique avec la circulation des espèces piscicoles et le transport des solides continuent à perturber les milieux aquatiques. Le principal exploitant, EDF, accuse d’ailleurs un retard certain avec les mises en conformité de ses équipements.
N’oublions pas que le prélèvement d’une partie du débit d’une rivière et le stockage de l’eau dans ces barrages entraînent :
- un mauvais fonctionnement du transport des solides lors des crues naturelles qui provoque le rétrécissement et le colmatage du lit de la rivière, ainsi que le risque d’inondation ;
- une diminution de la surface mouillée et donc une diminution de la capacité d’accueil, entraînant une diminution des populations de l’écosystème, des zones à frayères et de la croissance des salmonidés ;
- le non rechargement des nappes alluviales empêche de redonner naturellement un bon débit qui aurait évité les chocs thermiques pour la faune aquatique en période d’étiage, contrairement aux lâchers intempestifs d’une eau beaucoup plus froide des barrages ;
- une augmentation de la température de l’eau des cours d’eau, une importante détérioration de la qualité de l’eau, ainsi qu’une évaporation massive de celle contenue dans les barrages, accentuée désormais par le réchauffement climatique ;
- une augmentation des risques de mortalité pour les milieux aquatiques ainsi que pour le prélèvement d’eau potable du fait de sédiments, pour beaucoup, pollués aux métaux lourds surtout lors d’opérations de vidanges.

Ces vidanges soulèvent les matières en suspension (MES) accumulées dans les barrages qui, en se répandant dans les cours d’eau, génèrent une asphyxie de l’écosystème et augmentent le risque de contamination de l’eau destinée à l’alimentation humaine.
Les catastrophes écologiques dues à ces vidanges se succèdent avec notamment celle de la haute Dordogne (barrage de la Bourboule, Puy-de-Dôme) en février 2015 et plus récemment celle du Gave d’Ossau (barrage de Fabrèges, Pyrénées-Atlantiques) en mars 2016. Fin juin 2016, c’est au tour du barrage du Rioumajou (Hautes-Pyrénées) où pendant plusieurs jours, les taux de MES, bien supérieurs à ce que peut supporter la vie aquatique, ont détruit pour plusieurs années un des joyaux des Pyrénées sur plusieurs kilomètres : le torrent du Rioumajou et la rivière Neste d’Aure.

Les microcentrales

La vie aquatique est réduite et parfois presque nulle dans le débit réservé, ce qui n’a jamais été pris en compte par les porteurs de projet.
Les éclusées perturbent gravement la reproduction naturelle en asséchant ou en emportant les frayères, ainsi que la croissance des alevins et des juvéniles.
Les microcentrales sont l’une des causes de l’éradication des souches autochtones de truites.
La plupart de ces installations, très vétustes, sont de véritables « sanibroyeurs » des populations piscicoles. Leurs turbines, l’espacement des barreaux, ou l’inclinaison des grilles ainsi que le manque d’outils de dévalaison, détruisent tous poissons s’en approchant. Il est grand temps de prévoir leur rénovation et leur mise en conformité avec la réglementation avant de vouloir en créer davantage.

Par ailleurs, il est évident que le poids économique de la pêche de loisir est sans commune mesure avec celui créé par les microcentrales qui ne représentent que 1% de la production électrique en France !

Voilà Madame la ministre, l’énergie dite Propre !

Il est vrai que l’on n’a jamais entendu hurler de douleur les truites sauvages lors de leurs lentes agonies, étouffées par la vase !
Nous nous en remettons à votre sagacité et à votre sensibilité pour faire stopper ces projets destructeurs des milieux aquatiques qui n’ont, dans l’ensemble, pour seul but que des intérêts financiers particuliers.

Demande de construction de nouveaux barrages

Demandée principalement par la FNSEA pour l’irrigation, elle est non fondée, car si certains agriculteurs évitaient la monoculture du maïs depuis plus de trente ans dans certaines régions, la plupart des terres agricoles ne seraient pas réduites à un support stérile et pollué, tout comme les nappes phréatiques.
Nous ne serions donc pas obligés de prélever davantage dans nos rivières afin d’avoir de l’eau potable.
Il est grand temps que le monde agricole s’adapte et prenne conscience de l’économie de ce bien précieux qu’est l’eau au lieu de la gaspiller chaque année pour des productions purement spéculatives.
C’est aussi cette même fédération qui voudrait voir certains ruisseaux rayés de la carte des cours d’eau afin de pouvoir se dispenser des contraintes qui sont imposées pour leur protection.

Madame la ministre, vous n’êtes pas sans savoir que la France, qui possède déjà le deuxième plus grand parc d’énergie nucléaire du monde ainsi qu’un réseau hydroélectrique très dense, s’est engagée auprès de ses partenaires européens en octobre 2000 - Directive Cadre Européenne Eau - à atteindre un bon état écologique de ses cours d’eau, en 2015 !
Non seulement l’objectif fixé n’a pas été atteint en 2015 mais pire encore l’état des lieux de 2013 est inférieur à celui de 2009 avec seulement 41,3 % des masses d’eau en bon état ou bon potentiel écologique sur la métropole (45 % en 2009).
L’échéance a été repoussée en 2021 et nous vous demandons de bien vouloir respecter cet objectif car la qualité de nos cours d’eau doit passer avant la quantité et le profit.
Nous sommes évidemment tous concernés par cet objectif et au premier plan les pêcheurs qui ont aussi pour mission de protéger les milieux aquatiques.

Madame la ministre, avec plus de 1 500 000 pêcheurs pratiquants, vous devez écouter la grogne qui monte. A défaut, nul doute que les pêcheurs et autres personnes déçus, ainsi que leurs familles, soit plusieurs millions d’électeurs, sanctionneront le moment venu dans les isoloirs, les responsables de la forte dégradation de leur biotope ainsi que de leur loisir.

L'eau est un des enjeux majeurs de ce siècle pour l'avenir de nos enfants et petits-enfants.

Nous ne pouvons accepter au niveau national le projet de nouvelles microcentrales ou de nouveaux barrages. Certains sont d’ailleurs obsolètes et n’ont toujours pas été rénovés ou démantelés.

Nous n’accepterons plus les catastrophes écologiques des vidanges de barrages.

Protégeons nos rivières !

Nous vous prions de croire, Madame la ministre, à nos sentiments les plus respectueux mais attristés.
 

        Alphonse ARIAS                              Jean-Pierre JENN                     Fabrice PONS
                                                                       
Une liste nominative de soutiens au nom d'associations, de collectifs, de sites et blogs internet, etc. sera jointe à cette lettre. Si vous souhaitez donner votre soutien, merci de nous indiquer le nom de votre associations via les commentaires ou l'adresse mail : collectifmouche31@orange.fr

Nous comptons à la date d'aujourd'hui de nombreux soutiens ( voir dernier article) ici : http://www.aappma-marignac31.fr/
 Plus il y en aura, plus nous aurons de chance de nous faire entendre.

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